Ces derniers mois, je crois avoir dit tout que je pouvais dire des sociétés de consulting. L'aspect descriptif de ce travail d'écriture est probablement arrivé à son terme, tout du moins au vu de ce que mon expérience pouvait me permettre de produire comme témoignage. Aussi est-il temps de préparer la conclusion de cette aventure littéraire en proposant quelques pistes de travail pour organiser la lutte dans toutes les boites de prestation de service en ingénierie.
Tout d'abord, il faut garder à l'esprit toutes les spécificités de ce métier pour bien comprendre qu'elles constituent bien plus souvent des écueils que des opportunités dans l'organisation de la lutte syndicale.
Par exemple, l'organisation syndicale suppose tout d'abord le rassemblement durable des employés concernés. Or le turning-over important dans ce type de sociétés empêche un rassemblement solide et durable. De plus, le consultant-prestataire travaillant auprès du client, c'est donc dans un environnement extérieur à son entreprise qu'il va vivre ses principales tracasseries. Si demain, SAGEM décidait, pour des raisons de coûts, de mettre en place des mesures défavorables aux prestataires/consultants, faudrait-il que ceux-ci rassemblent tous les prestataires missionés chez SAGEM ou ceux de leur employeur respectif?
Ainsi, la question de l'organisation syndicale pose aussi bien celle des modalités de rassemblement que celle de modes de représentation syndicale qui n'existent pas aujourd'hui. Il en irait de même pour toutes les autres spécificités du métier de prestataire/consultant. Pour cette raison, j'ai essayé de faire en sorte que les pistes proposées en tiennent compte. Les voici :
-réviser totalement la convention SYNTEC et, en attendant, réclamer le rattachement à une convention plus avantageuse (par exemple celle de la métallurgie)
-organiser une meilleure représentation syndicale des employées en SSII car celle-ci subit le manque d’implication des grandes centrales syndicales qui ne cherchent pas à comprendre les difficultés spécifiques à ces métiers. La représentation syndicale doit avoir lieu aussi bien à l’intérieure de la société de service que chez le client.
-définir une charte des bonnes pratiques dans les métiers du conseil qui deviendrait une référence pouvant être signée aussi bien par des sociétés clientes que par les sociétés de services en ingénierie
-exiger plus de transparence dans les salaires que ce soit à l’embauche ou durant l’évolution de carrière (et accessoirement, qu'on arrête de me parler de grilles car cela me met de mauvaise humeur).
-clarifier les modes de participation/intéressement et accorder aux employés une part des primes perçues par les commerciaux
-demander une codification explicite des déplacements et de tout autre frais auprès des clients pour que les indemnités deviennent tout simplement un droit et non pas le fait du prince.
-mettre en place une cellule juridique qui ferait directement le lien entre le prestataire et les tribunaux des Prudhommes.
-lutter contre les discriminations avec un effort particulier sur les discriminations raciales, de genre et d’âge qui sont celles qui sévissent le plus dans les métiers du consulting.
Et vous, qu'en pensez-vous? Avez-vous d'autres propositions?
Une fille, un ascenseur bloqué et moi (Shit happens...)
Il y a 5 semaines
17 commentaires:
QU'ATTENDEZ VOUS POUR REJOINDRE LE MUNCI ??????
(www.munci.org)
Ca fait longtemps qu'ils ont commencé le combat eux au moins...
D'autres constats :
http://www.munci.org/INFORMATICIEN-en-SSII-les-raisons-du-MALAISE
Dans les pistes proposées, il faudrait encadrer très sévèrement les clauses de mobilité pour qu'elles soient limitées à des déplacements régionaux et que ces déplacements donnent lieu à des primes spécifiques, hors des frais réels. Ceci afin d'éviter les ingénieurs corvéables à merci, qu'on trimballe de Lyon à Paris ou à Bourges pour les missions de plusieurs mois.
En ce qui concerne le Munci, il est clairement spécifié dans leur charte qu'il faut exercer une profession "dans l’informatique ou les télécoms, plus généralement dans les TIC". Ceci ne semble pas inclure les ingénieurs en électronique travaillant dans un autre domaine que les télécoms (exemple : industrie, automobile ou avionique).
En effet Jessie, c'est un peu le côté débile du MUNCI. Ils se prennent pour une corporation parce qu'ils font de l'informatique. Or nous sommes tous ingénieurs et de mon côté, il ne me viendrait pas à l'esprit de monter un syndicat des seuls chimistes.
Prendre la mal a la racine. Faire que tout le monde sache ce qu est une SSII.
1) ca evitera aus dirigeant de SSII de pleurer qu ils n arrivent pas a trouver du personnel.
2) il n y aura moins de candidats car moins de gens feront des ecoles d ingénieurs pour se faire exploiter plus tard
De toute facon avec l off shore, le modele du marchand de viande est condamne. Les clients vont delocaliser (roumanie, vietnam, inde) et donc n auront plus besoin d inge francais meme en solde
Pour le reste comme vous l avez dit dans un des post precedent, la mentalite des ignes n est pas a la revendication, surtout dans une periode qui va s annoncer sanglante pour les SSII
Je ne sais pas si la période "sanglante" comme vous dites va y changer qqch. On a eu la même chose en 2001 où les SSII on fait de vraies purges mais finalement, dès 2004, on a repris comme en l'an 40.
Vous vous trompez au sujet du Munci, ils accueillent tous types de prestataires en réalité et leurs combats ne s'arrêtent absolument pas aux informaticiens.
En plus, ils sont désormais affiliés avec un syndicat professionnel de l'Unsa qui s'appelle le Specis et qui fédère tous les salariés de la branche Syntec.
Votre situation est bien noire... et ne reflète pas la réalité !
Je suis moi-même consultant d'une grande structure, en poste chez un gros client, client chez qui je n'aurai jamais pu rentrer tout seul aux vues de mes connaissances au départ.
C'est grâce à mon manager et aux bonnes relations entre mon client et mon manager que j'ai pu démarrer sur la mission, sur laquelle je suis depuis bientôt 8 mois !
Sans citer de nom, je pense que chaque entreprise est différente, et que la relation avec le manager est très importante... et je suis peut-être tombé sur un bon lot !
[[[ "C'est grâce à mon manager et aux bonnes relations entre mon client et mon manager que j'ai pu démarrer sur la mission, sur laquelle je suis depuis bientôt 8 mois !
Sans citer de nom, je pense que chaque entreprise est différente, et que la relation avec le manager est très importante... et je suis peut-être tombé sur un bon lot !" ]]]
Sans-doute oui...
Mais comme vous le laissez entendre, vous êtes DEPENDANT du bon vouloir et des qualités de votre MANAGER : ce qui vous permet aujourd'hui de travailler chez un grand compte (au passage tout ce qu'il y a de plus banal pour un prestataire de SSII) vous causera peut-être du tort demain...
C'est bien là le problème des prestataires : cette dépendance à des managers qui ne s'intéressent pas réellement à vous comme "ressource humaine évolutive" (mais plutôt comme source de profit) et qui sont incapables de vous suivre et évaluer sérieusement... cette dépendance aussi aux missions, à la conjoncture, à votre degré de mobilité.
Bref, vous verrez que l'évolution de carrière en SSII, c'est très aléatoire, c'est "au petit bonheur la chance" de pleins de facteurs en réalité.
Au contraire, dans les "vraies entreprises" (car je ne considère pas une SSII comme une "vraie entreprise", c'est à dire avec une vraie culture et un vrai projet d'entreprise), vous travaillez directement avec votre ou vos responsables dans votre propre entreprise et avec des conditions de travail plus stables, c'est quand-même préférable pour son évolution de carrière !
Je suis d'accord avec Kristof.
A chaque fois que je viens sur les commentaires, on retrouve souvent de gens qui disent que, pour eux, c'est pas si mal, que toutes les SSII sont pas si diaboliques etc mais en verité, ils oublient que leur situation particulière ne tient qu'au bon vouloir du manager, le fait du Prince.
Le gars qui parle de sa présence chez un grand compte depuis huit mois devrait se demander ce qu'il se passera demain si le grand compte vire tout le monde.
Par les temps qui courent, personne n'est à l'abri et j'en parle par expérience puisque je viens de me faire virer par un "grand compte" de l'automobile pour raisons budgétaires.
[[[je viens de me faire virer par un "grand compte" de l'automobile pour raisons budgétaires.]]]
Hum je crois que tout le monde a compris de qui il s'agit...
[[[ Anonyme a dit...
Votre situation est bien noire... et ne reflète pas la réalité !
Je suis moi-même consultant d'une grande structure, en poste chez un gros client, client chez qui je n'aurai jamais pu rentrer tout seul aux vues de mes connaissances au départ.
C'est grâce à mon manager et aux bonnes relations entre mon client et mon manager que j'ai pu démarrer sur la mission, sur laquelle je suis depuis bientôt 8 mois !
(...) ]]]
Ouais, c'est ce qu'on appelle le Syndrome de Stockholm (http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Stockholm)...
(lol)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Stockholm
J'ai une proposition : aidez-moi à convaincre la direction RH ou communication de votre SSII que les intercontrats devraient être mis au service de projets informatiques d'intérêt général, portés par des associations du secteur de la solidarité, de la santé, de l'éducation, du handicap... Ca s'appelle le wecena et ça permet de se rendre utile quand on est en intercontrat et de donner un coup de pouce à des projets qui le méritent. Pour participer au wecena, c'est par ici que ça se passe !
Voici ce que m'a répondu le Munci en décembre 2008 :
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En théorie, le Munci ne concerne que les professions IT en effet.
A ce titre, les principaux services offerts aux adhérents (lettre de veille professionnelle et ateliers) n'intéressent que les informaticiens.
Cependant, nos dossiers, notre lobbying et nos actions concernent dans une large mesure, d'une part l'ensemble de la branche Syntec et plus généralement la prestation de services, d'autre part les aspects du droit du travail ainsi que les politiques socio-économiques qui concernent plus particulièrement ses professions (prêt de main d'oeuvre, mobilité, temps de travail, stress professionnel, seniors...etc).
Nos partenariats (avantages consentis sur des services externes : assistance juridique, coaching de carrière...) sont également accessibles à tout le monde.
Voir : http://www.munci.org/20080120/Mieux-connaitre-le-MUNCI
Nous attirons par ailleurs votre attention sur le partenariat avec le syndicat Specis (UNSA) , qui concerne lui l'ensemble des salariés de la branche Syntec :
http://www.munci.org/20081103/ALLIANCE-du-MUNCI-et-du-Syndicat-SPECIS-UNSA-dans-la-Branche-SYNTEC
Site du Specis : http://www.specis.org
Si vous adhérez au SPECIS, vous bénéficiez d'une remise fiscale égale à 66% du montant de la cotisation, et de plus l'adhésion au Munci vous est offerte la 1ere année.
Tout dépend donc de ce que vous recherchez...
je pensais aussi que les SSII n'étaient pas si "mauvaises" que ça. Effectivement, du moment où l'on est sur une mission, les managers/commerciaux sont aux petits soins, dispos, sympas...
mais quand le projet est coupé court pour raisons budgétaires (grand compte automobile aussi), tout d'un coup il n'y a plus personnes.
Pas de nouvelles de son agence, dans laquelle on ne peut de toute façon pas rentrer vu qu'on ne possède pas le badge qui permet de faire marcher les ascenseurs and co.
Les managers se refilent le "bébé" au point qu'on apprend par hasard qu'on n'a plus le même interlocuteur, ni la même agence.
On se dit pourquoi pas mettre ce temps libre au profit d'une formation pour mieux rebondir, on obtient la réponse suivant : "Désolée mais les licences ça coûte trop cher".
Et puis chose merveilleuse, le chômage partiel est arrivé, ce que je trouve être le comble quand on travaille en SSII.
je dois avouer, que je commence de plus en plus à avoir envie de ma syndiquer.... à changer de boîte... mais pour repartir dans la même galère ?
Caroline
Un lien vers mon blog ou je parle des déboires avec ma SSII :
http://cerveaualouer.blogspot.com
Hello jeune cerveau, je parcours ton blog avec intérêt car il reflète précisément ce que je vis en SSI, tout comme la majorité de mes collègues. les ordures carnassières qui louent mon cerveau n'en finissent pas de m'écoeurer, et je suis pressée de m'échapper de cet univers de non-droit! Courage pour la lutte, moi je jette l'éponge!
Marie
Bonjour tout le monde,
Mon expérience est très similaire à la votre: être pressé comme un citron et bosser sans aucune considération.
Cela fait un peu plus d'un an que je suis presta, première expérience. J'ai eu plusieurs missions qui se passent toujours très bien en clientèle mais la seule ombre au tableau est toujours ma société de presta...Usé, j'envisage de prendre le large, d'autant plus qu'on refuse de m'augmenter. Ma question est: vaut-il mieux repartir en presta ailleurs, pour acquérir rapidement de l'expérience encore 1 ou 2 ans au travers de différentes missions (et réaliser au passage une augmentation de salaire), ou est il préférable de postuler directement en poste "fixe"?
Merci d'avance pour vos conseils.
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