C’est bien connu, pour se différencier des sociétés concurrentes, les boites de presta avancent toutes qu’elles offrent une progression de carrière intéressante. L’argument, bien que trompeur, est bien choisi car si l’on peut vérifier assez simplement les comptes, les clients, les activités et les compétences d’une société, il est difficile d’estimer les perspectives de carrière sans les vivre de l’intérieur. Le jeune cadre n’a donc pas d’autres choix que de faire confiance (ou non) en ce qui concerne ce critère fondamental.
En effet, une fois que l’on n’a plus d’illusion sur l’intérêt social d’un job en boite de presta, seuls comptent le salaire et sa progression, cette dernière étant conditionnée à cette fameuse progression de carrière.
Or, nous l’avons assez dit ici, le prestataire n’est autre qu’un cerveau en location. Quelle différence peut-il y avoir entre une location et une autre ? Aucune. De même qu’une voiture ne choisit pas son locataire et ne progresse pas d’un client à l’autre, le cerveau en location ne saurait trop exiger du gérant de la flotte (pompeusement appelé « manager ») qu’il le place sur une mission plus intéressante que ce qui est proposé. Voilà pourquoi il est intrinsèquement impossible pour une SSII ou une boite de prestation en ingénierie d’accompagner une progression de carrière.
Pourtant les boite de presta font passer à leur salariés un entretien annuel qui décide éventuellement de la part variable de l’augmentation de salaire. Mais comment partager les récompenses sachant qu’il n’y a pas de progression de salaire ? Par l’arbitraire !
Moralité : pour vous qui voulez résister en boite de presta, soyez plus cynique que l’entreprise qui vous emploie. La politique de récompense par le salaire, les congés ou les avantages sociaux est forcément arbitraire et à un moment ou à un autre, l’arbitraire devient le fait du Prince qui est plus prompt à accorder sa générosité aux membres de sa cour au détriment de ceux qui n’en font pas parti.
Le plus intelligent est sans doute le sabotage de l’intérieur en adoptant la résistance passive du médiocre volontaire. Puisque votre talent est inutile, la médiocrité volontaire ne vous fait courir aucun risque en termes de progression de salaire. Par contre l’entreprise le paiera tôt ou tard.
Une fille, un ascenseur bloqué et moi (Shit happens...)
Il y a 2 mois
5 commentaires:
Heuuuuu.
Là j'ai du mal à adhérer. En gros si je résume, tu recommandes de faire exprès de mal travailler, car de toute façon il n'y aura pas d'augmentation...
Ne serait-il pas plus logique de démissionner ?
Si la vie en boite de presta est si horrible que ça, il faut peut-être se réveiller, se bouger un peu le c**, et réaliser qu'il y a d'autres types de sociétés hein !
Mais non! Je dis que la qualité du travail est un des dernier critères pris en compte dans l'évaluation et qu'à ce titre, il vaut mieux s'optimiser....
J'ai fini la lecture de votre blog qui est vraiment très enrichissant. Ingénieur ENSEEIHT moi aussi (en TR) je suis rentré aussi dans une SSII mais pour l'instant la plupart des défaut dont tu parles ne sont pas trop présent. A voir comment tout cela va évoluer...
Super risqué que de saboter une mission de l'intérieur, pourquoi :
1) Risque de licenciement pour faute grave
2) No Assedic ensuite
3)Le monde des SSII est un petit village, elles se connaissent entre elles pour la plupart, et parmi celles-ci,il y a peut-être ton futur recruteur !
4) Ou ton nouveau recruteur qui ne connaît pas ta SSII peut l'appeler après l''entretien d'embauche (je crois que c'est illégal d'ailleurs !)
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